Je suis quelqu’un de calme, très posé. Je voulais divorcer. Je n’en voulais pas à mon ex pour beaucoup de choses qu’elle m’avait fait subir, mais je voulais que ça s’arrête.
Nous avons continué à vivre sous le même toit pendant la procédure. J’écris cet article pour les pères qui vivent la même situation.
Ce que j’ai vécu
Beaucoup de soirs, j’ai vécu des provocations. Elle cachait le matelas d’appoint sur lequel je dormais. Elle me criait dessus. Elle prenait mon ordinateur. Elle m’insultait.
J’avais le sentiment qu’elle cherchait à me faire réagir, pour créer une situation qu’elle pourrait utiliser pour dire que j’étais violent et que je ne pouvais pas avoir la garde des enfants.
Un père qui demande la résidence alternée peut voir son rôle auprès des enfants contesté dans les écritures de l’autre partie (chapitre 7).
Ce que j’ai fait
Je restais calme. Lorsqu’elle escaladait trop la situation, je sortais de l’appartement. Lorsqu’elle me menaçait, j’allais déposer une main courante à la police, sous conseil de mon avocate. Je ne criais pas en retour et je n’envoyais pas de messages sous le coup de la colère.
1. Ne réagissez pas
Une réaction, un cri, une insulte ou un geste peuvent être racontés ensuite, parfois de façon déformée. Quand vous demandez la résidence de vos enfants, évitez de donner cette occasion.
2. Sortez quand la tension monte
Quand la situation devient trop tendue, sortez faire un tour et revenez une fois le calme revenu.
Sortir un moment ne veut pas dire déménager. Mon avocate m’avait interdit d’aller vivre ailleurs avant que le juge l’autorise (« Ne déménagez jamais »). Quitter l’appartement une heure pour éviter une dispute, en revanche, ne pose pas ce problème.
Si la dispute commence devant les enfants, ne répondez pas devant eux.
3. En cas de menaces, voyez avec votre avocat
Quand elle me menaçait, mon avocate m’a conseillé de déposer une main courante.
Une main courante permet de déclarer et de dater des faits auprès de la police ou de la gendarmerie. Service Public la présente comme un élément de preuve possible, au même titre que des attestations (Service Public, constat de faits au domicile).
Une plainte déclenche une enquête (Service Public, porter plainte). Le choix entre main courante et plainte se fait avec votre avocat, selon la gravité des faits.
4. Informez votre avocat de chaque incident
Notez les faits au calme : la date, l’heure, ce qui s’est passé et ce que vous avez fait, sans commentaire. Votre avocat saura ce qui peut être utile.
5. Faites attention à ce que vous écrivez
Les messages restent. Écrire calmement sur l’organisation des enfants permet aussi de garder une trace de ce que vous faites au quotidien (chapitre 7).
Un message écrit sous le coup de la colère peut être produit devant le juge. Si vous êtes énervé, attendez le lendemain pour répondre.
6. Ne provoquez pas en retour
Ne cherchez pas à provoquer l’autre ou à l’accuser en retour. Conservez seulement les éléments auxquels vous avez légalement accès, comme le rappelle le guide quitter le domicile conjugal.
7. Les hommes aussi peuvent subir des violences psychologiques
Service Public décrit les violences psychologiques comme des comportements visant à rabaisser ou dénigrer, et cite notamment le fait de menacer son conjoint (Service Public, violences conjugales). La page s’adresse aux victimes, quel que soit leur sexe.
Si vous êtes en danger, appelez le 17 ou le 112, ou envoyez un SMS au 114. Le 116 006 est un numéro d’aide aux victimes, pour être écouté et orienté. Les contacts sont aussi sur la page Aide et protection.
Pour les enfants
Rester calme pendant des mois de provocations m’a demandé beaucoup d’efforts. Je l’ai fait parce que je voulais que ça s’arrête et que je voulais continuer à m’occuper de mes enfants.
Questions fréquentes
Main courante ou plainte ?
La main courante permet de déclarer et de dater des faits ; Service Public la présente comme un élément de preuve possible (Service Public, constat de faits au domicile). La plainte déclenche une enquête (Service Public, porter plainte). Le choix se fait avec votre avocat, selon la gravité des faits.
Un homme peut-il être victime de violences psychologiques ?
Oui. Service Public décrit ces violences comme des comportements visant à rabaisser ou dénigrer, dont la menace, et s'adresse aux victimes quel que soit leur sexe (Service Public, violences conjugales).
Sortir de l'appartement pendant une dispute, est-ce quitter le domicile ?
Non, dans mon cas. Mon avocate m'avait interdit d'aller vivre ailleurs avant que le juge l'autorise, mais sortir un moment pour éviter une dispute et revenir ensuite n'est pas la même chose (« Ne jamais quitter le domicile »).
CE QUE J’EN RETIENS
Je restais calme, je sortais quand la situation escaladait et je déposais une main courante en cas de menaces, sur conseil de mon avocate.
Sources officielles citées
Les points juridiques de cet article renvoient à ces pages officielles. Elles ne remplacent pas l’examen de votre situation par un avocat.
Je raconte mon expérience personnelle. Je ne suis pas avocat : votre situation doit être examinée par un professionnel.